Il y a deux semaines, la municipalité présentait un état des lieux de la situation financière de la
ville, l'illustrant par 6 erreurs de gestion commises entre 2001 et 2008, et dénonçant aussi le désengagement de l'Etat de nombreuses politiques publiques.
Aujourd'hui, je vous propose de découvrir un second document en
lien avec le budget de la ville qui explique les raisons qui contraignent la municipalité à augmenter ses taux de fiscalité locale. J'apporte ainsi des réponses aux questions
que les Argenteuillais se posent sur les conditions de cette hausse des impôts et les conséquences pour la ville si aucune mesure n'est prise pour rétablir la situation. De plus, ce document
présente la politique d'abattement qui sera mise en place à partir de 2010 pour les familles argenteuillaises et les personnes handicapées afin de rétablir justice et équité sociale.
Vous trouverez ci-dessous le texte de l'interview et ici le document à télécharger
Pourquoi faut-il augmenter les impôts ?
7 réponses du Maire d'Argenteuil
1. Vous avez pris 6 "engagements personnels" pendant la campagne électorale. Le sixième était celui-ci : "Je m'engage, malgré une situation financière médiocre, à ne pas
augmenter le taux de la taxe d'habitation et de la taxe foncière". Alors pourquoi allez-vous augmenter ces deux taxes dès cette année ?
Philippe Doucet : Je vais proposer au prochain conseil municipal d'augmenter les taux des impôts locaux. Je croyais que la situation financière de notre ville était médiocre. Elle est
catastrophique et elle était cachée. Nous avons été victimes, à Argenteuil, d'une gestion
toxique de l'argent public. Il a fallu près d'un an pour mesurer l'ampleur des dégâts : budgets insincères, dépenses sous-évaluées, recettes sur-évaluées, dette qui augmente de
manière galopante, investissements mal préparés, développement économique abandonné... A cela s'ajoute les nouveaux désengagements de l'Etat qui nous privent de 6 millions d'Euros. Voilà la
situation trouvée qui nous conduit à augmenter les impôts locaux en 2009 et en 2010. Ce sont les impôts des mensonges et de l'amateurisme d'hier.
2. Il n'y a pas d'autre solution ?
Ph. D. : Non. Nous allons assumer l'augmentation des taux de 13,9% en 2009 et de 9% en 2010. Nous aurions pu faire comme avant, c'est à dire continuer à équilibrer les budgets avec de fausses
recettes tout en cachant de vraies dépenses. Mais rapidement, nous
devrions alors
emprunter de l'argent pour rembourser nos dettes et finalement, laisser la Ville sous la tutelle de l'État. Le préfet gérerait Argenteuil tout seul. Sa première décision serait d'augmenter
radicalement les impôts pour assainir brutalement la situation financière. Avec ce genre de prescription, le malade meurt guéri. Nous n'avons pas été élus pour abandonner les Argenteuillais à un
couperet financier.
3. Si nous n'avons pas d'argent, pourquoi ne pas supprimer des services?
Ph. D. : Le remède serait pire que le mal. Nous sommes 104 000 Argenteuillais. Nous vivons ici et nous avons besoin des services publics. Ils ne sont pas un luxe mais une nécessité et permettent
aux Argenteuillais de faire des économies. C'est un peu comme quand on se regroupe pour acheter des produits moins chers. A condition que la ville soit bien gérée, bien sûr. Une famille avec des
revenus moyens dont un enfant fréquente l'accueil du soir et les centres de loisirs le mercredi dépense un peu moins de 1 200 Euros par an aujourd'hui. Si cette même famille devait payer
quelqu'un pour s'occuper de son enfant le soir après l'école et les mercredis, ça lui coûterait plus de 4 100 Euros. Et je devrais supprimer ce service ? Non, bien sûr. Nous allons réaliser des
économies. Nous allons dépenser mieux. Nous devons cette discipline aux Argenteuillais auxquels nous demandons plus.
4. Pourquoi continuer à investir ?
Ph. D. : Mais parce que la vie ne s'arrête
pas pendant que la mairie d'Argenteuil répare les erreurs du passé. Et puis notre ville compte 10 000 habitants de plus qu'en 1999. Ce «choc démographique» n'a pas été préparé. Or, 10 000
habitants, c'est l'équivalent d'une petite ville, il faut des équipements et des services. Alors, oui nous allons continuer à investir dans les équipements et les aménagements dont les
Argenteuillais ont besoin dans leur vie quotidienne et dans leurs quartiers. Et nous devons aussi entretenir les équipements publics qui sont en très mauvais état : écoles, centres de loisirs,
gymnases, stades... Comme nous n'avons pas beaucoup d'argent, nous allons mieux préparer et mieux gérer les investissements. Nous l'avons déjà fait pour l'école du Val-Notre-Dame en mettant au
point une solution moitié moins chère que le projet mal ficelé trouvé en arrivant. Nous devons aussi cet effort là aux Argenteuillais.
5. En résumé, les Argenteuillais vont payer la note ?
Ph. D. : Les Argenteuillais vont payer une partie de la "note", en effet. Nous avons tout fait pour éviter cela mais la situation trouvée est vraiment trop alarmante. C'est pour ça que nous
réalisons en même temps une réforme fiscale pour les familles argenteuillaises dès 2010.
6. Qu'est-ce que c'est la "réforme fiscale pour les familles argenteuillaises" en 2010 ?
Ph. D. : De nombreuses familles de notre ville ont des personnes à charge. Généralement, il s'agit de leurs enfants. Pour préserver le pouvoir d'achat, nous allons augmenter l'abattement pour
personne à charge à partir de 2010. C'est un moyen d'avoir des impôts locaux plus justes, en diminuant le montant à payer en fonction d'un certain nombre de critères, comme les charges
familiales. Nous allons aussi créer un abattement pour les personnes handicapées. Enfin, nous allons également demander d'étaler sur trois ans l'augmentation individuelle de l'impôt local due à
la rénovation de l'habitat. Le cap sur l'équilibre durable des finances ne doit pas nous détourner de notre désir de justice et d'équité.
7. Et après, que doivent redouter les Argenteuillais ?
Ph. D. : Nous avons travaillé dur pour mesurer la réalité de la gestion toxique de l'argent public de notre ville. Nous avons pris des décisions difficiles pour faire face, avec les
Argenteuillais, à une situation dramatique. Maintenant, Argenteuil doit se remettre en mouvement pour préparer son avenir. C'est pour ça que j'ai été élu, avec mon équipe. L'avenir de notre
ville, c'est le nôtre. Argenteuil n'est pas une ville de banlieue comme les autres. Elle a une âme, il faut la faire vivre. Nous allons continuer à soutenir les activités culturelles,
associatives et sportives car notre ville doit être vivante, attirante, dynamique. C'est l'autre chantier qui va mobiliser mon énergie et celle des conseillers municipaux et des services de la
ville, aux côtés de tous les Argenteuillais. Argenteuil doit prendre toute sa place de 3e ville de l'Île-de-France.
Mardi 24 mars 2009
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Publié dans : Argenteuil
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