Sortie aujourd'hui du livre de Julien Dray "réglement de comptes".
Laissons Julien Dray nous présenter l'ouvrage (son blog) :
"J'ai essayé d'y présenter de manière aussi claire que possible mon analyse de la gauche et de la politique de notre pays avant, pendant, et après la campagne présidentielle. Je ne prétends pas tout dire, mais simplement donner mon point de vue sur la situation actuelle du Parti socialiste, et surtout sur ce que l'on peut faire pour retrouver le chemin de la victoire. Et contribuer ainsi au grand débat de fond que le PS et la gauche ne pourront éviter s'ils veulent renouer avec la société française dans toute sa diversité."
En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.
Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.
Ensuite, cet amendement fait voler en éclats un consensus précieux dans un champ – la génétique – qui ne peut être durablement dynamique en matière de recherche que sur la base de ce consensus qui éloignait du domaine du possible des utilisations de la génétique potentiellement contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.
Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.
Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.
Lu sur Rue89 : France terre d'asile dépose plainte contre La Poste Par Zineb Dryef
La France est-elle en train de se transformer en vaste partie de chasse aux étrangers? Après la grogne des inspecteurs du travail contre le ministère de l'Immigration et le rapport d'Amnesty s'inquiétant de la régression du droit d'asile en France, c'est au tour de l'association France terre d'asile de sonner le tocsin… du côté de La Poste.
Pierre Henri, le directeur général de France terre d'asile, a expliqué à Rue89 le difficile parcours du combattant des demandeurs d'asile aux guichets de La Poste: "Une pratique assez répandue consiste à refuser de remettre leur courrier aux demandeurs d'asile sous prétexte qu'ils ne peuvent prouver la régularité de leur présence sur le territoire national."
Certains bureaux de poste rechignent à transmettre le courrier
Alors que les demandeurs d'asile disposent de titres de séjour provisoires, accompagnés de leur photo d'identité, certains bureaux de poste rechignent à leur transmettre leur courrier. "Il s'agit d'erreurs humaines. On ne peut pas être parfaits à 100%", se défend La Poste. De son côté, France terre d'asile rejette cette explication: "Nous protestons depuis 2005 contre ces pratiques. En vain. La Poste n'a pas à se faire juge de la régularité ou pas, sur le territoire national, de ses clients."
Deux ans donc que le bras de fer s'est amorcé entre l'association de défense des droits des demandeurs d'asile et les différents médiateurs de La Poste. Face à la persistance de ces "erreurs humaines", Pierre Henri a décidé d'aller plus loin en saisissant la Halde. Excès de zèle isolé de certains fonctionnaires ou stigmatisation des étrangers à La Poste? L'embarras à La Poste est mesurable: "Nous sommes un service public de proximité. Nous accueillons toutes les populations, l'identité de La Poste, c'est aussi cela. Nous sommes attachés à cette mission."
"Seule l'identité nous intéresse"
Le service qui, dans ses campagnes de pub, se targue de "mériter" la confiance de ses clients, a promis d'examiner les différents dossiers et de prendre des dispositions destinées à assurer l'accueil de tous si la Halde venait à confirmer les irrégularités constatées par France terre d'asile.
Un discours qui arrive un peu tard et que dénoncent les syndicats. En effet, une instruction interne datant de 1996 appelle les employés de La Poste à "la plus grande vigilance" concernant les titres de séjour ou autres récépissés de demande de carte de séjour. Là encore, la réponse de La Poste est gênée: "Il ne s'agit pas pour nous de contrôler la régularité de nos clients sur le territoire français. La seule chose dont nous voulons nous assurer est que le courrier soit remis à la bonne personne. Seule l'identité nous intéresse." La décision de la Halde sera rendue en septembre.
Ségolène Royal publiera à la rentrée "l'autocritique" de sa campagne présidentielle et pense toujours pouvoir un jour accéder à la présidence de la République, a-t-elle déclaré dans une interview diffusée dimanche par TF1.
"Je la ferai à la rentée (cette autocritique). Je l'écris actuellement, je la publierai dans toutes ses dimensions, dans toutes ces facettes", a déclaré l'ex-candidate socialiste à l'Elysée dans l'émission "Sept à huit".
Elle a affirmé n'avoir pas voulu se livrer immédiatement à une analyse de sa défaite en raison des "attaques" qu'elle estime avoir subies, notamment de son propre camp, après l'élection. "Je n'ai pas entendu d'autres candidats battus subir ce type d'attaques très condescendantes. Donc comme ils ont fait déjà cette critique, si en plus moi je faisais une autocritique..."
Elle a toutefois reconnu "une improvisation dans l'organisation" de sa campagne, tout en estimant une fois de plus que les attaques venues de son propre camp avaient constitué "le principal point de faiblesse".
Elle a assuré qu'au soir du premier tour, distancée de près de 6 points par Nicolas Sarkozy (31,18% contre 25,87%) elle espérait quand même une victoire. "Je pensais que je devais, que je pouvais gagner. Mais c'est vrai que l'écart était rude", a-t-elle dit, relevant notamment pour expliquer son retard "la façon dont Nicolas Sarkozy avait réussi à capter les voix d'extrême droite dès le premier tour".
Interrogée pour savoir si elle pensait pouvoir un jour être élue à la présidence en dépit de cet échec, elle a répondu: "Présidente: ça n'est pas impossible. Ca reste une possibilité, je le sens intimement. Je le pense. Ca veut dire que cette fois il faudra que je me prépare bien plus tôt". "Ce qui est extraordinaire c'est que les gens ne me reprochent rien, ils me disent merci", a-t-elle assuré.
Tout en reconnaissant sa "très lourde déception" au soir de la défaite, elle assure avoir "immédiatement pensé aux millions de gens qui se mettent à pleurer" et réaffirme qu'il est de sa "responsabilité de continuer".
Elle ajoute ne pas avoir eu elle-même "les larmes aux yeux". "Moi je devais rester solide, comme une mère de famille qui tient ses enfants debout, qui doit rassurer, qui doit rester le phare, la solidit".
Interrogée sur sa rupture avec François Hollande, récemment annoncée, et le fait de savoir si l'engagement dans la vie politique contribuait à l'éloignement au sein d'un couple, elle a estimé que "pas forcément, elle peut aussi rapprocher".
"En même temps il y a des circonstances privées qui font qu'à un moment les choses ne sont plus tenables. Quand on aime et qu'on est trahi, je crois qu'il faut reprendre sa vie en main et dire à un moment c'est plus comme ça que je vois les choses, c'est plus supportable", a-t-elle dit.
Véritable ouverture ou poudre aux yeux? En recrutant des personnalités de gauche dans le gouvernement, Nicolas Sarkozy et François Fillon provoquent la colère de l’opposition qui y voit une démarche démogogique.
Après Eric Besson, Martin Hirsch, Bernard Kouchner ou Fadela Amara, Hubert Védrine a rejoint les rangs de ceux que Solférino appelle les “traîtres”, en acceptant une “mission” sur la mondialisation. Les noms de Jack Lang et Malek Boutih circulent comme étant les prochains à franchir le pas. L’ancien ministre de la Culture serait, en effet, fortement pressenti pour rejoindre une commission sur la réforme des institutions.
David Assouline a analysé cette situation pour le blog Rue89.com dénonçant l'ouverture "immorale" et le brouillage des cartes par le président de la République, le sénateur socialiste de Paris, proche de Ségolène Royal, appelle à la rénovation du Parti socialiste pour une "opposition forte" et efficace.
Je tenais à vous remercier de votre soutien et votre implication. Ce que nous avons fait ensemble, à défaut d'une victoire, constitue une force que nous devons faire fructifier. Le suffrage universel a parlé. Le pouvoir devra désormais être jugé sur ses actes.
J'ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la Gauche. Cela s'est traduit notamment par une forte participation des jeunes.
Je vous propose aujourd'hui de renouveler votre adhésion à Désirs d'avenir.
En effet, notre association, qui a tellement fait pour réinventer les méthodes de la vie politique et pour faire vivre la démocratie participative, doit aujourd'hui se doter de moyens plus solides et notamment pour appuyer les comités locaux et poursuivre l'existence du site Internet. Ce sont les moyens nécessaires au service de l'idéal qui nous rassemble et qui fait notre force.
Ce que nous avons commencé ensemble, nous allons le continuer ensemble.
C'est pour pouvoir continuer avec vous ce que nous avons commencé, que je vous propose aujourd'hui de renouveler votre adhésion à l'aide du bulletin joint, ou directement en ligne sur le site Internet.
Vous pouvez compter sur moi. Je serai au rendez-vous de ce travail indispensable qui m'incombe désormais.
En présence de Jean Yves Le Bouillonnec Député maire de Cachan
5 AVRIL 2007 - 19h30 à la Maison de l'avocat (6 rue Taillepied, prés le TGI de Pontoise)
Organisé par le Collectif BESOIN de JUSTICE
" Besoin de Justice" a été fondé au début du mois de février à Pontoise. Ce collectif regroupe actuellement une trentaine d'avocats, de magistrats, d'éducateurs, de travailleurs sociaux et de membres d'associations impliquées dans le fonctionnement de la Justice. Nous sommes réunis par l'envie de changer la justice dans le sens d'une indépendance accrue, d'une meilleure insertion dans la Cité, en veillant à ce que les inégalités d'accès au droit ne redoublent pas les inégalités sociales. Nous pensons que pour parvenir à des diagnostics informés de la crise de l'institution, comme à des propositions de réformes pertinentes, il faut dépasser les clivages professionnels et "croiser les regards".
Ségolène Royal tient à apporter son entier soutien à l'association Sidaction qui organise les 23, 24 et 25 mars trois journées de sensibilisation, de mobilisation et de collecte de fonds pour la lutte contre le sida. Elle salue le travail effectué tout au long de l'année par cette association qui, depuis 1994, œuvre avec beaucoup d'efficacité en faveur de la recherche et de l'aide aux malades grâce aux fonds qu'elle collecte.
Moins d'un mois après le vote de la loi sur le droit au logement opposable, applicable au 1er janvier 2008, les expulsions locatives peuvent théoriquement reprendre à compter de vendredi 16 mars, fin de la trêve hivernale. Toutes les associations fortement mobilisées tout au long de l'hiver sur les problèmes des sans-logis et du logement dénoncent l'augmentation des résiliations de bail pour loyers impayés et des expulsions. «C'est paradoxal d'avoir une telle augmentation du contentieux et des expulsions alors que les personnes qui en sont victimes sont les premières censées être protégées par la nouvelle loi», a déclaré Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. Selon le délégué de la Fondation, dont le rapport annuel sur le mal-logement fait autorité, il y a eu 100.000 décisions de justice prononçant une expulsion en 2005. «Plus préoccupant encore, dit-il, il y a eu cette même année, 10.000 expulsions effectives avec le concours de la force publique, soit une augmentation de 33% en un an.» Les expulsions ont plus que doublé depuis 1997, de même que le recours à la force publique: d'une intervention effective de la force publique sur deux requise, on est passé au taux de 60%, affirme Patrick Doutreligne. Parallèlement, souligne Jean-Pierre Giacomo, président de la Confédération nationale du logement (CNL), l'Etat a accordé 73,5 millions d'euros en 2004 d'indemnités aux bailleurs victimes d'impayés. Les associations pour le droit au logement ont rassemblé plusieurs milliers de personnes dimanche dernier à Paris pour dénoncer la reprise des expulsions locatives le 16 mars. «Dans la mesure où on a encore des tentes sur le Canal Saint-Martin et ailleurs, des familles dans des hôtels et des structures d'accueil saturées, on demande que le gouvernement observe une trêve des expulsions», a déclaré Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL). La Fondation Abbé Pierre demande, «dans l'attente de la mise en application, le 1er décembre 2008, de la nouvelle loi», «des mesures immédiates». «Sans quoi, dit-elle, les espoirs suscités par la nouvelle loi seront mis à mal par la montée inexorable des exclus du logement». Des maires ont pris des arrêtés municipaux interdisant les expulsions locatives sans relogement, arguant de la loi instituant le droit au logement opposable: ainsi les maires communistes de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Bobigny et Stains (Seine-Saint-Denis), et Vénissieux (Rhône). Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a demandé au Premier ministre, Dominique de Villepin, de faire interdire «les expulsions locatives sans relogement pour les locataires de bonne foi». Il estime que, «malgré les efforts de la Ville, le nombre d'expulsions effectives avec concours de la force publique est resté trop élevé avec plus de 1.100 cas». A Lyon, l'Opac du Rhône, qui gère un parc de 41.000 logements, a indiqué qu'il n'y aurait pas d'expulsions à la fin de la trêve hivernale mais que «23 expulsions, réparties sur l'année, ont été réalisées en 2006 contre 16 et 19 en 2005 et 2004». A Strasbourg, Christian Sager, de l'Association de Défense des Locataires (ADL) a estimé que «les bailleurs seront peu nombreux cette année à oser expulser en raison de la présence des Don Quichotte: si jamais les bailleurs ont le malheur d'expulser, on aura des locataires qui rejoindront le camp, et ça ne fera pas bon effet».