Communiqué d’Éric Besson, Secrétaire national du parti socialiste à l’économie et à la fiscalité
La publication par l’INSEE aujourd’hui de la révision des comptes nationaux pour 2005 et des premières estimations pour 2006 dément catégoriquement tous les discours du gouvernement.
Thierry Breton a soutenu que la croissance 2005 serait comprise entre 1,5% et 2%. Lorsque l’INSEE avait publié une première estimation à 1,4%, le ministre des finances avait fait remarquer que ce chiffre pourrait être révisé à la hausse. Résultat : la croissance n’a pas été corrigée à la hausse, mais nettement à la baisse (1,2%). Le gouvernement est directement responsable de ce piètre résultat, puisque l’INSEE l’impute à la décélération nette de la dépense publique.
La hausse de la pression fiscale a eu raison du pouvoir d’achat des Français. L’année 2005 restera dans les mémoires comme une année noire du pouvoir d’achat des ménages (+1%, contre plus de 3 % en moyenne sous la précédente législature), le gouvernement ayant augmenté les prélèvements de 13 milliards sur cette seule année, l’INSEE précise cruellement que « presque tous les impôts progressent plus vite que le PIB : + 5,4 % pour la TVA, + 5,5 % pour l’impôt sur le revenu, + 3,9 % pour l’impôt sur les sociétés, + 7,5 % pour la CSG ».
Au total hormis la consommation des ménages, tous les voyants sont au rouge, puisque la croissance est faible (1,2%), les créations d’emplois quasi-nulles (0,1%), le pouvoir d’achat en berne (1%), les comptes extérieurs historiquement dégradés (26,5 milliards d’euros de déficit).
Les estimations pour le 1er trimestre 2006 sont tout aussi inquiétantes. La croissance de 0,5% est plus faible que ne l’attendaient les analystes, en particulier parce que l’investissement des entreprises baisse. Alors qu’elle s’était distinguée au sein de la zone euro par sa vigueur entre 1997 et 2002, la croissance française est depuis cette date au mieux égale à celle de nos voisins européens : c’est la fin de l’exception française.
Le Parti socialiste dénonce solennellement l’exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré aujourd’hui le ministre de l’économie. Comment sincèrement prétendre que la situation de notre économie et de nos finances publiques s’améliore ? La dette s’est accrue de plus de 8 points de PIB en quatre ans (236,6 milliards d’euros). Les déficits publics vont repartir à la hausse, la France ne disposant plus en 2006 des recettes exceptionnelles (soulte versée par EDF, modification du mode de perception de l’IS au mois de décembre 2005 pour gonfler les recettes) qui lui ont permis de maintenir artificiellement les déficits sous les 3 % de PIB en 2005 ?
Au total, les discours du Ministre sont en tel décalage avec la situation économique du pays et sans lien avec la situation sociale des Français. Le Parti socialiste exhorte le gouvernement à cesser de consacrer son énergie à la communication et à s’atteler à restaurer la confiance qu’il a sapée, à restituer le pouvoir d’achat qu’il a ponctionné et à refaire de l’emploi la priorité.
Attention, certains croient qu'il suffit d'avoir de la croissance pour créer des emplois.
C'est une erreur fréquente, comme chacun peut le comprendre en lisant ceci http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/croissance_emploi.htm
Plusieurs paramètres interviennent et il ne faut pas se limiter à une idée simpliste.