A lire dans libération, un article qui revient sur la non-acceptation par de nombreux médecins de personnes bénéficiaires de la CMU. Rappelons que Xavier Bertrand a apporté il y a quelques jours son soutien à Nicolas Sarkozy!
CMU : le ministre soigne les médecins
Xavier Bertrand rejette les sanctions pour les praticiens qui refusent de soigner les plus pauvres.
Par Eric FAVEREAU
QUOTIDIEN : mercredi 20 décembre 2006
Est-ce la proximité avec les prochaines échéances électorales ? En tout cas, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand pressenti pour être un des porte-parole du candidat Sarkozy se montre de plus en plus prudent. Et il aime de moins en moins forcer la main aux médecins. «Il faut inciter, mais pas contraindre», a-t-il répondu hier à l'issue d'une table ronde qu'il a organisée avec les syndicats de médecins sur la question des refus de soins de certains praticiens aux patients démunis bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle).
Honte. La semaine dernière, un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur cette question s'était montré ferme. Peu auparavant, le président du Comité d'éthique avait fait part de sa honte «devant ce genre de dérives», qui toucheraient près de 15 % des médecins de ville. Pour l'Igas, il y a urgence à réagir : «Même si cela peut faire double emploi avec les codes de déontologie et de la consommation, qui interdisent déjà tout refus de soin à des patients défavorisés, il paraît nécessaire d'introduire par un article de loi des dispositifs de sanctions, qui pourraient être pécuniaires, à l'encontre des professionnels de santé. L'élément financier est prépondérant dans l'explication du refus de soins par les médecins, il faut frapper là où ça fait mal, c'est-à-dire prévoir un mécanisme de sanctions financières.»
Le gouvernement a finalement décidé de botter en touche. Et de ne rien imposer. «Il n'est pas question de minimiser cette question, mais il faut d'abord évaluer le dispositif actuel avant de décider de sanctions financières contre les médecins concernés, a expliqué Xavier Bertrand. Il faut avant toute chose que l'on connaisse l'ampleur du phénomène et que les ordres appliquent le volet de sanctions déjà existant.»
Jugeant que les différents testings effectués ces derniers mois par des associations n'étaient «pas scientifiques», le ministre a chargé la direction des statistiques du ministère de la Santé et l'Observatoire de la pauvreté de mener une étude sur le sujet. Pour permettre aux exclus de faire valoir leurs droits, le ministre publiera en février un décret «autorisant les associations d'usagers et l'assurance maladie à saisir les ordres médicaux pour leur compte».
Rétribués. Rien d'autre. Pour le reste, Bertrand se montre compréhensif. Au point de s'attarder sur un dispositif pour que les médecins soient bien rétribués. Ainsi, il veut leur «garantir la prise en charge de leurs honoraires» et leur assurer des délais de remboursement limités. Les praticiens seront, de surcroît, assurés d'être remboursés par la Sécu pour l'intégralité du tarif d'une consultation, même si le patient en CMU n'a pas respecté le parcours de soins coordonné autour du médecin traitant.
Mercredi 20 décembre 2006
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