Au-delà de la révolte et de l'écœurement que l'initiative du Maire d'Argenteuil contre les SDF a déclenché ces derniers jours, il semble nécessaire d'aller plus loin dans l'analyse de la politique "sociale" de la droite argenteuillaise depuis 2001.
En effet, depuis son arrivée aux affaires, Georges Mothron a multiplié les décisions anti-sociales, dans une volonté de gommer du paysage communal tout ce qui dérange sa conception de l'ordre et nuit selon lui à l'image de notre ville. A trop vouloir en faire, il s'est fait prendre à son propre piège et, deux ans après Nicolas Sarkozy, met à nouveau et pour de tristes raisons Argenteuil au cœur de l'actualité nationale et des débats : notre ville était pour les médias celle de la "racaille", elle devient aujourd'hui celle des SDF et du traitement des êtres humains avec des produits nocifs. Les SDF peuvent causer des problèmes de voisinage, cela n'empêche en rien d'agir dans le respect de la personne humaine.
Georges Mothron a pourtant depuis 2005 échappé aux conséquences désastreuses de la visite nocturne et mouvementée du Ministre de l'Intérieur. Si les Argenteuillais ont dans leur majorité sanctionné l'actuel Président de la République pour ce comportement les 22 avril et 6 mai (57% des voix en faveur de Ségolène Royal au second tour de la présidentielle), le
Député-Maire UMP a lui été épargné, on peut même dire non-assimilé à cette polémique en obtenant plus de 52% des voix sur Argenteuil lors de l'élection législative quelques semaines plus tard.
Mais aujourd'hui, dans l'affaire du Malodor, le pare-feu Sarkozy n'est plus là et la droite argenteuillaise se retrouve au cœur de la polémique, de son propre fait, suite à une décision pleinement initiée par le Maire.
Le choix d'utiliser du répulsif nauséabond contre les SDF s'inscrit pourtant dans la suite logique d'une gestion municipale anti-sociale menée depuis 2001. Il ne faut pas y voir un loupé, bien au contraire, Georges Mothron n'aurait pas mis dans ce cas-là quatre jours à décider de la suspension du procédé.
Ce n'est pas le premier acte de ce genre. Rappelons tout d'abord la décision de la droite de fermer en 2006 le centre d'accueil et d'hébergement d'urgence créé 10 ans plus tôt et qui était un outil intéressant et utile.
Ensuite, n'oublions pas les nombreuses manœuvres municipales pour forcer au départ l'antenne des "Restos du cœur", sans succès du fait d'une mobilisation importante des argenteuillais et du monde associatif local et départemental.
Il faut aussi revenir sur la façon dont Argenteuil mène son projet de rénovation urbaine. Cette politique est détournée afin d'opérer un nettoyage social de la ville, de faire partir les familles modestes à qui on ne propose pas de réelles solutions de relogement sur la commune. Argenteuil détruit sans construire, alors que des milliers d'argenteuillais attendent pour eux ou leurs enfants des solutions de logement.
L'hypocrisie et la dissimulation sont la règle. On ne sait ainsi rien de ce qui a été proposé aux SDF avant de prendre cette décision radicale et inhumaine.
Georges Mothron et son équipe municipale prétendaient vouloir changer l'image de la commune. Par toutes ces actions, ils contribuent en fait à la dégrader.
Aujourd'hui, le parallèle est saisissant entre le "nous allons vous débarrasser de ces racailles" de Nicolas Sarkozy et le répulsif pour SDF de Georges Mothron. La logique est bien la même, plutôt que d'agir avec prévention et dialogue, la droite préfère l'exclusion et la violence.
Argenteuil mérite mieux que cela !
Jeudi 30 août 2007
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Publié dans : Argenteuil